Plaidoyer pour une mode enfantine non genrée (2/3)

Ou comment vêtir nos enfants pour contribuer à forger une société plus respectueuse des autres et de soi

Cet article sur la mode éthique et non genrée est une suite en trois volet ; ceci est la deuxième partie. Pour découvrir la première, c’est par ici => #1 Bleu ou rose, une distinction arbitraire

Vêtements de filles versus vêtements de garçons, mais où est le mal ?

Mais tout compte fait, quelle importance que ces distinctions vestimentaires entre les vêtements de filles et les vêtements de garçons relèvent de la convention sociale ? Est-il possible qu’habiller sa fille de rose et de paillettes et son garçon de bleu et d’imprimé à carreaux puisse se révéler véritablement néfaste pour l’enfant ? N’est-il pas légitime d’user d’un code couleur finalement bien pratique pour différencier les garçons et les filles ?

J’identifie deux conséquences du caractère genré des vêtements qui impactent véritablement le développement de l’enfant :

  • POUR LA MOTRICITÉ LIBRE La première conséquence concerne le confort et le caractère pratique des vêtements des tout-petits. Je suis frappée de constater combien ces deux critères sont souvent sacrifiés au profit de vêtements capables d’attester le genre de l’enfant. La layette bleu ou rose a en vérité désormais cédé la place à toute une garde-robe d’adultes miniatures : des petits garçons de six mois sont vêtus de chemises et de jeans à bretelles tandis que leurs homologues féminins portent des robes de dentelles et des bandeaux pour les cheveux (ou plutôt pour compenser leur absence de cheveux…). Or un tout-petit a avant tout besoin que ses vêtements soient doux et souples, et si possible de couleurs neutres ou apaisantes, afin qu’il puisse concentrer son attention sur la découverte de son environnement et l’exercice de ses facultés motrices. Les vêtements genrés constituent bien souvent une véritable entrave au développement moteur du tout-petit.
  • CONTRE LES ÉTIQUETTES, LES JUGEMENTS La seconde conséquence dont je voudrais parler est liée à la première, mais elle est bien plus importante puisque son impact est systématique et outrepasse les premières années de vie de l’enfant. Les sciences modernes (de la psychanalyse jusqu’aux récentes découvertes des neurosciences) nous ont appris comment l’être humain construit l’image qu’il possède de lui-même à partir des représentations qui lui sont renvoyées par son entourage – en priorité ses parents durant sa petite enfance. Nous forgeons ainsi la vision que nous avons de nous-mêmes de deux manières : 1) à partir des modèles auxquels nous nous identifions et 2) en fonction de ce que les autres disent de nous. Ainsi, les qualificatifs que nous assignons aux enfants possèdent une véritable portée : ils déterminent, sur un mode positif ou négatif, la vision que l’enfant a de lui-même. Rappelle-toi, c’est ce contre quoi June nous mettait en garde par rapport aux surnoms.

« Les étiquettes négatives ou positives, les jugements émis sur les autres, enferment et n’aident pas dans la connaissance de soi. »

Catherine Gueguen, Vivre heureux avec son enfant*
mode mixte non genrée
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Plaidoyer pour une mode enfantine non genrée (1/3)

Ou comment vêtir nos enfants pour contribuer à forger une société plus respectueuse des autres et de soi

Bleu ou rose : une distinction arbitraire

On pourrait argumenter en rappelant que les vêtements genrés pour enfants sont une invention des industriels du textile du siècle dernier qui, pour faire notamment face à la baisse de la natalité (qui impactait leur vente), eurent l’idée de générer davantage de demandes en différenciant les vêtements pour garçons de ceux pour filles. Ce changement fut rendu possible par la modification du statut de l’enfant lui-même, au début du siècle dernier et parallèlement à l’évolution des sciences modernes, qui se mit à être peu à peu considéré dès sa naissance comme un individu singulier (là où il était autrefois laissé aux bons soins d’un entourage quasiment exclusivement féminin jusqu’à l’âge de six ou sept ans, et habillé de robes blanches sans distinction aucune pour son sexe).

mode mixte
Source : © Elise Gravel

On pourrait également arguer que le bleu n’est pas une couleur masculine dans son essence : au XIIe siècle, le culte chrétien de la Vierge Marie, résidant au ciel, promeut cette couleur symbole de pureté et de maternité. Représentant des vastes espaces aériens ou océaniques, le bleu connote la paix, la douceur et la sérénité. Le rouge, au contraire, renvoie depuis longtemps à un imaginaire plus violent et dynamique, qui est celui du sang, de la guerre ou encore de la sexualité. Le bleu layette et le rose barbie qui organisent désormais les rayonnages des boutiques de vêtements pour enfants et des magasins de jouets relèvent donc de choix purement arbitraires et non immuables.

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Les surnoms

Affectueux ou injurieux, les surnoms projettent sur l’être humain une image de lui-même renvoyée par l’autre ; pour le petit enfant qui est particulièrement dépendant d’autrui dans sa construction identitaire, il sera difficile de saisir que ces projections ne le désignent pas tout entier (ou qu’il n’a pas à s’y conformer) * clique ici pour en savoir plus *. D’autant que la plupart de ces surnoms ne sont pas neutres, mais renvoient à des idéologies discriminantes (compétitivité : « champion », genre : « princesse »…). Heureusement que June, du haut de ses trois ans, est là pour nous rappeler à l’ordre !

Adieu voiture : se déplacer à vélo avec enfants, expériences croisées

Siège enfant avant ou arrière, intégré ou optionnel, tandem deux et trois places, vélo cargo (bi ou triporteur), follow-me, remorque une ou deux places… : il existe une multitude de possibilité pour se déplacer à vélo avec enfants. Voilà plusieurs années que Géraldine, du blog Chasseur de bisous, et moi-même avons fait le choix d’abandonner la voiture pour nous déplacer quasi exclusivement en vélo avec nos enfants, été comme hiver. Dans cet article rédigé à quatre mains, nous vous proposons un retour de nos expériences avec un vélo cargo triporteur et un vélo muni d’une remorque deux places : à vélo avec ses enfants, avantages et inconvénients dans la capitale bruxelloise.

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La (dure) vérité sort de la bouche des enfants

Après des mois à m’arracher les cheveux et à n’avoir pas assez de temps à consacrer que pour comprendre le problème (et encore moins le résoudre…), je suis de retour ! Et ça, c’est grâce à l’équipe de Bonjour Maurice, qui a eu la gentillesse de remettre le blog sur pied. L’aide qui m’a été apportée donne tellement de sens à la politique de partenariat de Minuscule infini : plutôt que de faire du blog une plateforme monnayable, privilégier les échanges qui ont du sens pour moi. Preuve en est ici qu’il n’est pas besoin qu’il soit question de sous pour que ça rapporte ! Je me réjouis de retrouver cet espace d’expression, qui je l’espère a encore de beaux jours devant lui.

PS : quelques articles ont disparu dans l’aventure ; s’ils te manquent, tu peux m’écrire un courriel à minusculeinfini@gmail.com pour me le signaler et je tâcherai d’y remédier dans la mesure de mes possibilités.

Des couches lavables en crèche : une lettre personnalisable pour convaincre votre milieu d’accueil

Avec Noël est arrivé un cadeau inattendu à destination des lecteurs de Minuscule infini : au détour d’une conversation, mon amie Charlotte m’apprend en effet qu’une de ses collègues a eu l’excellente idée de rédiger une lettre extrêmement bien documentée et construite pour convaincre le personnel du milieu d’accueil de sa fille de renoncer à l’utilisation des couches jetables au profit des lavables.

Par chance, l’auteure de cette lettre accepte d’en partager le contenu avec la communauté de Minuscule infini ! Je suis particulièrement en joie car, en fidèle utilisatrice des couches lavables, j’aurais grandement apprécié de disposer d’un outil aussi bien fait à destination de la crèche de June (à défaut de quoi, puisqu’on m’y avait annoncé dès l’inscription l’impossibilité des lavables, je me suis contentée d’un pauvre certificat médical me permettant de fournir les jetables de mon choix…).

Voici donc la lettre de Laurence Martin : tu peux te l’approprier et la personnaliser pour convaincre à ton tour le personnel du milieu de garde de ton enfant d’accepter l’utilisation des couches lavables. Grand merci à Laurence pour ce beau cadeau ! Je ne doute pas qu’il fera gagner de la motivation et un temps précieux à tous les parents qui souhaitent un mode de vie plus sain et respectueux pour leur famille.

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La recette simple et rapide des bougies à la cire de soja

Nous avons réalisé des bougies à la cire de soja parfumée à la fleur d’oranger avec les enfants, pour offrir à nos proches en guise de cadeau de Noël. La cire de soja ne sent pas aussi bon que la cire d’abeille, mais elle se travaille plus facilement que celle-ci et ses émanations ne sont pas toxiques comme celles des bougies à la paraffine dont nous voudrions débarrasser nos maisons. La recette est extrêmement simple et peut aisément être réalisée avec les enfants. Les bougies peuvent être parfumées avec des eaux florales, des épices et, précautionneusement, avec des huiles essentielles. Elles peuvent être employées comme bougies de massage.

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Cela sent bon la nature et les aiguilles de pin dans notre bibliothèque : « Slow » d’Huiban et « Animaux architectes » de Nassar et Blasco

Mon premier est une initiation, limpide et accessible, des grands principes qui structurent la pédagogie Steiner-Waldorf. Mieux encore, avec Slow*, Isabelle Huiban nous incite à ralentir le rythme de nos vies effrénées pour nous offrir ce qui nous est – à l’adulte comme à l’enfant – essentiel : du temps ensemble et au contact de la nature.

Mon second intervient comme un prolongement du premier, pour nous donner envie d’ouvrir l’œil et de déceler l’ingéniosité d’habitats que nous n’avons pas l’habitude de visiter : ceux des animaux ! Animaux architectes* s’adresse aux enfants dès cinq / six ans ; il trouvera une place de choix aussi bien dans votre coin nature que dans votre espace construction.

Mon tout est une invitation à jouer dans les bois.

Et bien quoi ? Que fais-tu encore là ?

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FUB femme, des mailles pour la vie

Depuis que j’ai déserté les enseignes de la fast fashion il y a six ans, j’ai trouvé un plaisir nouveau à investir ma garde-robe : je la désencombre beaucoup, pour n’y conserver et ajouter que des pièces intemporelles, dans des matières naturelles, faciles à assortir entre elles. Au quotidien, j’aimerais tendre vers une garde-robe aussi minimaliste que celle des enfants, et piocher chaque matin parmi quelques pièces particulièrement douillettes. Si je trouve mon bonheur en matière de pantalons et d’accessoires en seconde main, c’est bien plus difficile selon moi de chiner de jolis hauts composés de laine ou de lin.

Aussi, quelle joie d’apprendre que ma marque fétiche pour les enfants, FUB, sortait une collection femme ! J’ai craqué sur la délicatesse des mailles ajourées et sur les intemporelles rayures qui sont la signature de la marque.

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